Amazon donne dans le coloriage ?!

D'aucun vont penser que cela devient une marotte ! Qu'importe... À trop avoir entendu qu'en marketing, les supports traditionnels étaient "morts" comment ne pas, encore une fois, réagir lorsqu'un géant du Web, comme Amazon, sort à nouveau un support papier, diffusé par voie postale (publipostage). Après les catalogues de Noël, de novembre 2014 et 2015, dont je me suis fait l'écho ici même, voici donc qu'Amazon, toujours sur la cible des enfants (et de leurs parents, ne nous voilons pas la face !), creuse son sillon avec un nouveau catalogue papier intitulé "L'été des enfants".

Amazon : une stratégie cross canal déterminée...

Amazon catalogue papier ete des enfantsTout d'abord, veuillez accepter mes excuses pour ce titre "un peu racoleur"... mais pas infondé ! Car, ce nouveau catalogue papier, on peut plus exactement parler d'un flyer de 16 pages (un cahier de 12 pages et 4 pages de couverture dans un grammage plus élévé que le cahier intérieur), mise sur l'interaction avec le Web, notamment via un mini-jeu de coloriage à proposer aux petits enfants, en imprimant différents animaux via l'espace réservé sur le site du géant de Seattle : www.amazon.fr/etedesenfants.Un téléchargement qui, de vous à moi, n'apporte pas grand chose pour les récipiendaires du ctalogue papier, car l'on retrouve sur le site exactement les mêmes jeux (en variété et en nombre) que ceux qui sont proposés via le support papier... Mais passons.

Nul doute que ce catalogue n'a pas dû coûter grand chose à Amazon... Car, les pages proposant les jeux à la vente sont pour la plupart des pages de marques d'éditeurs. On peut ici citer : 5 pages Lego® (avec ces déclinaisons de gammes - Duplo, Friends, City, Nexo Knights et Star Wars), 1 page Buki France, 1 page Winning Moves®, 1 page Mondo, 1 page Vtech®, plus 1 page non taggée par un logo de marque devant regrouper plusieurs éditeurs... Soit 10 pages de produits, présentant chacune de 5 à 6 jeux, sur 16 pages au total. Ce qui, par le jeu des négociations avec les fournisseurs, a du permettre à Amazon de financer le support et sa diffusion à peu de frais.

D'un point de vue struturel, ce flyer reprend la plupart des codes de la VPC, en présentant les produits en pages de droites, alors que les jeux sont en pages de gauche... Les univers des marques sont clairement, même si de façon assez discrète, exposés via les logos des éditeurs de jeux ; la charte graphique est ludique (en plus d'être en cohérence avec le visuel de l'espace dédié sur le site Amazon), la mention d'une tranche d'âge est indiquée pour chacun des jeux, et le bas des page rappelle l'url spécifique de l'espace "L'été des enfants"... Du classique efficace en somme.

En revanche, pas de descriptif produit, ni de prix (juste un système de "macaron euro" permettant de se faire une idée de la valeur du produit (1 macaron : moins de 30 €, 2 macarons : mois de 60 euros...), l'opération menée étant valable jusqu'au 31 août 2016 prochain, Amazon ne prend aucun risque avec les variations tarifaires (il est d'ailleurs mentionné dans l'ours du catalogue : "les prix pratiqués sur notre site sont inclus dans la catégorie de prix correspondante figurant au bas de chaque page de ce document, pour les produits vendus et expédiés par Amazon exclusivement. Le prix effectivement appliqué à votre achat sera celui fiurant sur la page descriptive du produit au moment de votre commande sur notre site")... Pour plus de précision, il convient donc de se reporter sur le site... via l'application d'Amazon qu'il est possible de charger via un QRCode proposé en page 2 du catalogue papier (pour savoir de quelle application il s'agit, vous pouvez la retrouver sur les stores suivants en fonction de votre smartphone ou tablette : iTunes, Microsoft, Androïd). Une fois l'application chargée, l'accès aux fiches des différents produits du catalogue se fait via la reconnaissacne de l'image des jeux présentés (ça fonctionne très bien d'ailleurs).

... qui cherche à donner de nouvelles habitudes aux consommateurs !

Mais alors, que pensez de ce 3ème catalogue papier Amazon dédié aux enfants ?

D'abord, comme déjà signalé, même s'il ne s'agit de ma part que d'une hypothèse, c'est sans doute un support qui n'a pas dû coûter très cher à Amazon (financement par les éditeurs de jeux). Ensuite, si l'on se penche sur les périodicités d'achats de cette typologie de produits (cf. Google Trends) on s'aperçoit rapidement que Noël n'est pas la seule période de l'année durant laquelle nos chères têtes blondes se font gâter (essayez-vous même sur les derniers années avec des mots clés comme "jeux pour enfants", "jeux Lego"...), mais que la période de l'été (en août notamment) est propice à ce type de recherche sur le net (comme par hasard l'opération est valable jusqu'à fin août 2016). Si les internautes cherchent ce type de produits, il y a sans doute une volonté d'achat derrière... Que voulez-vous, il faut bien occuper les petits pour avoir du temps libre ou rassurer Grand-Mère en lui disant qu'elle ne les aura pas tout le temps sur le dos, sans omettre de leur permettre de ne pas trop penser à la rentrée à venir comme de les récompenser de leurs bons résultats scolaires... 

Au-delà, on est en droit de se demander si la logique d'Amazon, en plus de l'aspect purement commercial, n'est pas tout autre... On le sait Amazon est l'un des plus grand "magasin" du monde. Avec plus de 183 millions de produits référencés (chiffres 2015 - issus du site Feed-manager.net), il n'existe quasiment aucun concurrent de cette ampleur (à part TaoBao du Groupe Alibaba et ses 800 millions de références, mais dont le modèle économique n'est pas celui d'Amazon - lire à ce sujet l'article de Frédéric Bianchi "Pourquoi AliBaba n’est pas l’"Amazon chinois"" du 12 mai 2014). Alors, quoi ? 

Il me semble que l'idée est ici autre. Car, en plus de profiter d'une période propice à l'achat des jeux pour enfants et de soutenir le téléchargement de l'application, c'est de mettre en avant une fonctionnalité de ladite application : la reconnaissance des images... Car, nul doute que les enfants qui manipuleront le catalogue dont il est ici question trouveront rapidement comment utiliser l'application pour voir le jeu qu'ils convoitent... Un apprentissage qui va se diffuser aussi rapidement que facilement auprès de la vraie cible, les parents, les ménages, les consommateurs... Dès lors, une fois la manipulation du scan d'un visuel produit comprise et apprise par les acheteurs, qu'est-ce qui les empêchera d'effectuer la même manipulation pour comparer les prix quand ils feront du shopping dans les magasins (les emballages des produits sont les mêmes pour tout le monde...) ? Bref, une nouvelle habitude de comparatif avant l'achat voit le jour...

Ça risque de faire très mal... à tous les commerçants !

Bon certes, pour avoir testé la chose sur différents produits, ça ne marche pas (encore !) toujours... A fortiori sur les produits en volume (3D vs les photos imprimées en 2D sur un support papier ou sur un écran). Mais, qu'en sera-t-il dans quelques mois ? D'autant que d'autres applications ne possèdent pas encore cette fonctionnalité (on pense ici à la Fnac, à Darty, à Auchan, etc.). Et Leclerc, avec son comparateur en ligne www.quiestlemoinscher.com, fait déjà quasiment figure de "dynausore"... 

Bref, une fois l'habitude prise par les consommateurs, cela risque de faire très mal, à assez brève échéance... pour l'ensemble du commerce, qu'il soit "traditionnel" comme en ligne... Votre avis ?

Vincent Faouet sur Google+

Amazon Cross canal vente à distance e-commerce

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