Boutique Amazon à Perpignan : info ou intox ?

Par | Le 07/01/2016 | Commentaires (2)

Il y a de cela quelques semaines, sur Pulse de LinkedIn, je publiais un billet intitulé : "Amazon ou la stratégie du Kangourou !". L'objet de ce billet était d'évoquer les dernières évolutions stratégiques d'une société que l'on ne peut désormais plus considérer tout à fait comme un pure player, avec des actions dans le domaine du catalogue papier et son entrée dans le retail... Cette stratégie serait-elle en train de gagner un peu plus encore la France, avec la possible prochaine ouverture d'une boutique Amazon à Perpignan ?

Info ou intox ?

Logo amazonLe 6 janvier 2016, le site du journal L'Indépendant publiait un article intitulé : "Perpignan : vers l'ouverture d'une boutique Amazon unique en France ?". Cet article mentionnait la possible ouverture prochaine d'une boutique Amazon de 800 m2 offrant, outre un espace de retrait des commandes Internet, un stock de produits destiné à la vente.

Patatras, le lendemain, soit le 7 janvier 2016, le même journal publie un nouvel article "L'enseigne Amazon crée la confusion sur la venue du géant du Web à Perpignan" où sont évoqués le démenti et la menace d'Amazon : "Il n'y a pas d'ouverture officielle prévue par Amazon en France. L'information de l'ouverture d'un point de retrait ou d'une boutique à Perpignan est infondée. Nous la démentons totalement. Et elle sera signalée et remontée en interne aux services concernés pour définir des suites à donner à cette annonce d'ouverture" (extrait de l'article du 7 janvier de L'Indépendant).

Info ou intox ? Difficile à dire pour l'instant. Et je ne vois pas pourquoi le Service presse d'Amazon viendrait à changer son discours en l'espace de quelques heures pour en venir à confirmer cette éventualité. En même temps, je ne crois pas possible qu'un promoteur puisse imaginer mettre une jolie pancarte sur une espace physique commerciale, au vu et au su de tous, sur lequel est mentionné "Ici prochainement Amazon" (avec le logo de géant américain) sans de bonnes raisons.

  • Coup de pub du promoteur ? Imaginons qu'il s'agisse de cela... Un coup de pub sans doute fort efficace (histoire de donner de l'attractivité à la zone commerciale concernée et de vendre plus facilement les locaux), mais je n'imagine pas que, s'il ne s'agit que de cela, qu'Amazon ne lance pas un procès contre celui qui a eu cette "brillante" idée.
  • Erreur de calendrier ? Un planning mal lu ou mal constitué qui fait qu'un artisan fixe la pancarte bien avant la date initialement prévue ? Pourquoi pas...
  • Test pour mesurer les réactions ? Possible également. Car, Amazon ne serait pas la première entreprise à user de cette technique (les politiques ne cessent de le faire également) pour prendre le pouls et mesurer les réactions du public, de la concurrence... 
  • Écran de fumée ? Vous savez le "Regardez à gauche..." pendant qu'il se passe quelque chose à droite... C'est également une éventualité à prendre en compte et pour en avoir le coeur il serait judicieux de scruter les prochains agissements d'Amazon.
  • Reflet de la réalité ? Également envisageable, un démenti n'étant pas une preuve, mais une défense...

Qu'importe la véracité de l'info...

Au-delà de la mini "polémique" que cela peut engendrer, qui, in fine, n'est pas bien importante, cela permet de souligner de nouveau une chose : c'est que le mono canal n'a plus sa place dans le business d'aujourd'hui. Preuve, la présence des retailers sur la toile et des pure-players dans le monde physique. Qu'Amazon ouvre finalement, ou non, une boutique à Perpignan, ou ailleurs en France, importe peu finalement. 

Ce qu'il convient de prendre en compte c'est le mouvement de concentration qui fait que naturellement les retailers sont allés sur la toile comme naturellement les pure-players iront vers le retail, comme vers d'autres moyens de vente. Amazon, comme déjà signalé, utilise, depuis 2 ans, un catalogue papier qu'il diffuse à l'occasion des fêtes de Noël, dispose d'une Librairie à Seattle. Certes, c'est maigre. Certes, on peut penser qu'il s'agit de tests... Et se demander, à juste titre, ce qu'il adviendra demain ?! La teneur des tests menés nous le dira ! Comme ils nous le disent déjà un peu...

Ainsi, le catalogue papier de Noël a gonflé, en l'espace d'un an, de 80 pages... Qu'en conclure ? Si ce n'est que l'opération initiale (fin 2014) fut une réussite ? Car je n'imagine qu'une société, dont le but est de faire des bénéfices (et Amazon a eu jusqu'au milieu de l'année 2015 où les comptes sont passés au vert, quelques soucis de ce côté là !), puisse poursuivre une opération, en lui donnant de l'ampleur, qui ne se serait pas révélée judicieuse.

Quid du retail ? Pour l'instant pas d'informations, à ma connaissance, de ce côté-ci concernant Amazon. Mais, si l'on y réfléchit un peu, comment peut-on penser que le principe pour une enseigne comme Amazon puisse être mauvais ? Les données collectées via l'Internet permettent à toute entreprise d'agir avec pertinence. Une zone de chalandise comme une boutique, représente une population, dont un géant de l'Internet ne peut que connaître les goûts, les habitudes et les fréquences d'achats. Une connaissance qui permet d'offrir au public de la zone de chalandise de la boutique les produits qu'ils attendent, comme de profiter des mentions et autres notations des internautes sur ces produits en les relayant dans les rayons du magasin physique. Je vous laisse imaginer les réductions de coût que cela peut entraîner : le stock n'est pas constitué de "nanars" dont personne ne veut, les mentions vantant les mérites et la qualité des produits sont le reflet d'autres acheteurs et non des vendeurs (toujours suspectés de vouloir vous vendre les produits pour lesquels ils sont commissionnés), une notoriété déjà acquise...

Bref, Amazon à Perpignan, Info ou intox ? Peu importe ! Je dirai plutôt qu'il convient de ne pas se faire intoxiquer par l'information. Et de garder à l'esprit, qu'à mon sens, le phénomène qui veut que, comme en leur temps les retailers sont venus sur la toile, les pure-players aillent au retail aura, bel et bien, lieu !

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Commentaires (2)

vincent-faouet
  • 1. vincent-faouet (site web) | 09/01/2016
La question est pertinente en effet ! Mais l'on peut penser qu'à des fins de test, Amazon veuille choisir des sites, dont le positionnement géographique est excellent (vous signalez à juste titre la proximité de l'Espagne), mais également des zones où les coûts d'acquisition d'une surface commerciale ne sont pas trop élevés... Si l'on reprend en parallèle la logique que j'évoque concernant les éditions papier du catalogue de Noël, la toute première édition était maigre, moins de 20 pages, et si ma mémoire est bonne devait être grandement financer par un fabriquant de jouets (de mémoire je crois qu'il s'agissait de Lego)... À la lueur de ces informations, on peut y voir une certaine cohérence dans la démarche. Non ?
webmaster perpignan
  • 2. webmaster perpignan (site web) | 09/01/2016
Il est évident qu'un comptoir Amazon à cet endroit aurait grandement boosté cette zone située en marge de la zone commerciale Porte d'Espagne, mais à très juste titre, pourquoi Amazon choisirait une ville moyenne plutôt qu'une capitale régionale ?

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